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L'esprit de l'homéopathier
pour une médecine de la personne
par Sylvie Verbois

"L'homéopathie
N'est pas une médecine lente.
N'est pas une médecine qui ne convient qu'aux enfants ou aux petits bobos.
N'est pas une médecine qui soigne le "mal par le mal".
N'est pas une médecine qui soigne par les plantes.
N'est pas une panacée."

Dr. E.Broussalian

"L'homéopathie ne traite pas les maladies, elle traite les malades".
"Le malade demande la guérison, le médecin offre un traitement."

Georges Canguilhem

Les grands principes de l'homéopathie

L'homéopathie est une méthode thérapeutique pressentie par Hippocrate et formulée par Samuel Hahnemann au XIXème siècle ; elle est fondée sur le principe suivant : "les semblables sont traités par les semblables" et n'est nullement une métaphore. Centrée sur l'individu, son fondement repose sur trois principes interdépendants : la loi des semblables ou la similitude, la perception du malade à partir de l'ensemble de ses symptômes émotionnels et physiques ou la globalité de l'être, l'application de l'infinitésimal ou l'infinitésimalité. L'homéopathie est aussi une technique pour nous apprendre à nous ouvrir. Elle est un outil qui permet d'accompagner le corps vers un état de guérison.

  1. la loi des semblables
    Déduite par l'expérimentation et confirmée par l'expérience clinique, elle peut se définir comme suit : "toute substance est capable de dérégler un sujet sain, dérèglement qui se traduit par un ensemble de symptômes. Cette même substance sera alors capable de guérir un malade qui présente ces mêmes symptômes". (Dr. E.Broussalian)
    Nous pouvons parler alors de "maladie artificielle" telle que la concevait Samuel Hahnemann : " Mais le seul infaillible oracle de l'art de guérir, l'expérience pure, nous apprend, dans tous les essais faits avec soin, qu'en effet, le médicament qui, en agissant sur des hommes bien portants, a pu produire le plus de symptômes semblables à ceux de la maladie dont on se propose le traitement, est celui qui convient pour la guérir ; qu'il possède réellement aussi, lorsqu'on l'emploie à des doses suffisamment puissantes et atténuées, la faculté de détruire d'une manière prompte, radicale et durable, la totalité des symptômes de ce cas morbide, c'est à dire la maladie présente toute entière ; elle nous apprend que tous les médicaments guérissent les maladies dont les symptômes se rapprochent le plus possible des leurs, et que, parmi ces dernières, il n'en est aucune qui ne leur cède.[...]
    Ce phénomène repose sur la loi naturelle de l'homéopathie, loi méconnue jusqu'à présent, quoiqu'on en ait eu quelque vague soupçon, et qu'elle n'ait été dans tous les temps le fondement de toute guérison véritable, savoir qu'une affection dynamique, dans l'organisme vivant, est éteinte d'une manière durable par une plus forte, lorsque celle-ci, sans être de même espèce qu'elle, lui ressemble beaucoup quant à la manière dont elle se manifeste. " (S.Hahnemann)C'est ce qui est appelé le principe des semblables.

  2. la globalité de l'être
    La personne est appréhendée dans sa totalité : en fonction de ce qu'elle est, de son terrain, de son histoire, et non seulement (ou simplement) en fonction des symptômes apparents, ou des effets de la maladie. Est observée l'expression complète de la constitution de la personne au travers de la totalité des symptômes qu'elle exprime, le symptôme étant alors considéré comme une tentative de guérison.

  3. l'infinitésimalité"...
    " Un remède dilué et dynamisé a acquis des propriétés différentes : il représente la pathologie déclenchant des symptômes identiques par une analogie de structure, et non par une identité d'objet... Le remède devient infirmant, capable d'agir à un niveau différent : il va être perçu par l'organisme comme une maladie artificielle, allégée, théâtralisée. " (Dr Madeleine Bastide) " Un remède homéopathique agit en étant similaire à la maladie mais légèrement plus puissant grâce à la dynamisation ". (David Little).
    C'est le produit similimum qui est essentiel : un granule suffit pour que l'information passe et que le travail s'effectue.Un produit est capable de faire et de défaire. Dans le produit, il y a déjà la potentialité du résultat.Un produit est d'autant plus puissant qu'il est semblable à la personne.
    Mais avant de donner un produit, il faut absolument savoir où l'on est : pour savoir où un produit va aller dans son travail avec le corps, il faut savoir d'où il vient, ce qui le justifie aujourd'hui.
Ré-écrire l'histoire de la personne

"Claude Bernard avait raison ; le microbe n'est rien, c'est le terrain qui est tout. Biologistes conscients de notre devoir, préoccupons-nous davantage de savoir comment constituer des terrains normaux que d'apprendre à défendre des terrains déficients." (Pasteur)

- La notion de "terrain" ou l'histoire personnelle
Trouver dans les racines (ancêtres : parents, grands-parents) l'histoire de la personne au travers des symptômes, des maladies et des comportements.

- Dresser, brosser le portrait de la personne :
Le malade est appréhendé dans sa globalité (le corps pris dans son ensemble et dans son environnement) avant de s'intéresser à la maladie (sauf en cas d'urgence). Il faut retrouver la dynamique propre de la personne.