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Le Mandala
par Lise St Amand
Sa signification en sanscrit signifie d'abord cercle et par dérivation territoire. C'est un diagramme à connotation ésotériquement cosmique destiné à permettre à son auteur ou à ceux qui le regardent avec concentration, de réintégrer leur nature propre au sein de l'univers. Les plus connus sont le Guhyasamaja, le Kalâchakra (représenté à droite), le Bardo, la Roue de la Vie, ceux d'Hevraja, Chakrasamvara.
La majorité des mandalas sont consacrés à des divinités et font partie des rituels tantriques qui leur sont destinés. On peut les comparer aux Yantras de l'Hindouisme qui les ont précédés et dont ils sont un peu les dérivés morphologiques.

Fabriqué selon des règles géométriques très précises, il sert, par la suite, comme support de méditation et à l'évocation d'une déité ou divinité sous la direction d'un lama détenteur de la tradition concernée. Pour concrétiser l'impermanence des choses et des phénomènes, il est détruit (après usage, pourrait-on dire) et la coutume veut qu'on le disperse dans le cours d'eau le plus proche.
Le mandala est composé de multiples éléments circulaires et carrés; il en existe cependant qui ne sont formés que d'un genre de forme, soit circulaire, soit carrée. Il en est de très simples (avec un idéogramme, une fleur de lotus...) comme de très complexes (avec des centaines de bouddhas, de divinités, toute une lignée de lamas...), des quasi monochromes et des richement polychromés; on en trouve des quadruples sur le même tangkha ou la même fresque et cas extrême des mandalas de mandalas (4 + 1 central).
Normalement, trois cercles concentriques (celui du Kalâchakra en compte 6) englobent la représentation centrale carrée. Ils symbolisent les trois corps : Dharmakâya - Sambhogakâya - Nirmânakâya, à savoir ceux essentiel, de rétribution et de transformation, ou, selon une autre vision : la naissance spirituelle, l'éveil et la connaissance.
La repésentation carrée (circulaire le cas échéant aussi) englobée dans les cercles précités et sensée définir le "temple de l'Homme", dispose de quatre portes situées aux 4 points cardinaux (en n'oubliant pas qu'on rentre par l'Est) et d'un rond ou carré central où la déité / divinité, à laquelle le mandala est dédiée, figure dans ses attributs (pour celui figurant, ici, il s'agit de Manjushri, le bodhisattva de la Connaissance sapientiale). Ces portes symbolisent les quatre libérations, ou moyens de vider l'esprit de toute pensée en entrant à l'est pour réaliser le samâdhi au nord.
Dans l'iconographie tibétaine, on trouve couramment des mandalas dédiés aux cinq Jinâs ou principe cosmique de Sagesse appelés aussi confusément par amalgame avec la méditation, Dhyani-bouddha. Ils sont respectivement :
- Aksobhya à l'Est,
- Ratnasambhava au Sud
- Amitâbha à l'ouest (direction de la Terre Pure)
- Amogasiddhi au Nord
- Vairocana au Centre (il lui arrive d'être interverti avec Aksobhya)