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Le Deuil : Un changement non désiré
par Géraldyne Prévot

La tristesse ou dépression réactionnelle

Ce sentiment va accompagner le deuil jusqu'au bout. Sorte de phase dépressive, la tristesse sera plus intense certains jours plus que d'autres. Un entourage soutenant et présent pourra apaiser un peu la douleur.
Cette dépression est consécutive à la réalisation que l'évènement est bien arrivé. Le proche est mort et ne reviendra pas. On ne lutte plus tout à fait, on se soumet à la dure réalité.
Cependant l'acceptation n'apparaît pas encore et l'inacceptation est bien le sentiment présent pendant cette phase dépressive.
L'endeuillé n'accepte toujours pas l'évènement. Il comprend que le défunt est mort mais c'est intolérable.

Durant cette phase l'endeuillé va peu à peu dire adieu.
Pour cela, il devra dépasser son sentiment de loyauté envers le défunt. Il devra accepter de se tourner vers l'avenir et continuer à vivre.
Il apprendra à oser vivre cette vie future sans avoir le sentiment d'abandonner le défunt. La fidélité ou plutôt le sentiment de loyauté entraine une culpabilité à l'idée « d'abandonner » le défunt.
C'est comme une pensée magique retenant le mort : « c'est comme si elle m'accompagnait : si je pense à elle, je lui reste fidèle et elle est toujours là près de moi ».

Plusieurs années après le décès de sa femme, André rencontre Anna. Une relation harmonieuse s'établit fondée sur l'amour et le respect. Cependant André refuse de se remarier : il se sent toujours lié à sa défunte épouse. Se marier avec Anna serait trahir sa femme.
André devra lentement faire le deuil de sa femme et accepter de la « laisser partir ». Il devra apprivoiser l'idée que continuer sa vie et épouser Anna n'est pas abandonner sa femme.
André vit dans un état dissociatif comme morcelé (une partie de lui est dans le passé, une autre dans le présent).
Il vit dans le présent mais retenu par le passé. Une sorte de lien invisible semble le retenir. Il vit dans un présent-passé.
Il devra peu à peu se tourner vers l'avenir : le présent-futur.
Il affrontera le sentiment d'abandon, de culpabilité et de tristesse. Puis il comprendra que la vie doit continuer.
Il devra choisir de se tourner vers l'avenir donc vers la vie.

L'accomplissement du deuil

Lorsque la personne qui reste peut regarder l'objet de sa tristesse sans être trop atteinte. Lorsqu'il n'y a plus de colère ni de culpabilité. On peut dire que le processus de deuil s'est achevé.
Il restera une certaine tristesse mais la souffrance aura peu à peu disparue et l'endeuillé regardera vers l'avenir.

La mort d'un proche est comme une blessure, on souffre, on a mal.
Comme pour la cicatrisation d'une blessure il faut du temps. Le temps que la peau lance son processus de restructuration qui entrainera la totale cicatrisation de la blessure.
Pendant un certain temps la blessure sera à vif : le moindre frottement, la moindre brise nous fera souffrir.
A détour d'une rue, à l'écoute d'une musique ou à la vue d'un objet, les souvenirs referont surface avec leur lot de tristesses et de nostalgies.
Puis lentement la cicatrisation fera son ouvre et la plaie sera de moins en moins sensible.
Cette guérison se fera en fonction du rythme qui est le notre et aussi en fonction de notre histoire.
Plus tard il ne restera de notre douleur qu'une cicatrice qui, toujours sera là, comme pour nous rappeler d'où nous venons et ce que nous avons traversé.
Porteur de cette marque de la vie, nous serons plus grand, matures et peut-être plus compréhensifs de la douleur d'autrui.
Accomplir son deuil c'est accepter et se tourner vers l'avenir.

Géraldyne Prévot
Conseil en développement personnel - Psychothérapeute
geraldyneprevot@noos.fr