Votre fils ne se fait pas d'amis
Interview de Géraldyne Prévot par July Rapp
Il joue la plupart du temps tout seul et n'invite aucun ami à la maison. Vous craignez qu'il ne finisse par souffrir de son isolement.
Tout d'abord, il est possible que votre enfant soit d'une nature réservée. S'il a toujours été solitaire, que cela ne semble pas
l'attrister et qu'il ne s'en plaint pas, pourquoi vous inquiéter ? Les parents qui ont souffert de leur timidité redoutent souvent que
leur progéniture vive la même situation. Si c'est le cas, dites-vous que chaque enfant est différent. Ce qui a été un problème pour vous
ne l'est pas forcément pour votre fille ou votre fils.
Par ailleurs, cela ne signifie pas non plus qu'il ou elle sera isolé à l'âge adulte. C'est souvent à l'adolescence que la volonté de
faire partie d'un groupe se fait sentir. Il se peut très bien que, vers 10-12 ans, votre enfant commence à évoluer au sein d'une
petite « bande ».
A la rencontre d'autres enfants.
Néanmoins, même les enfants les plus timides ont au moins un « meilleur » ami avec qui ils partagent leurs secrets. Si ce n'est pas
le cas, c'est peut-être le signe que, effectivement, votre enfant souffre d'une trop grande timidité.
Dans ce cas, pour l'aider à se faire des petits copains, proposez-lui d'inviter à la maison un enfant qu'il aime bien, ou d'organiser un
goûter avec ses camarades de classe. Encouragez-le aussi à s'inscrire à une activité qui l'intéresse (atelier dessin, sport, danse...)
et qui lui donnera l'occasion de rencontrer d'autres enfants. Mais allez-y en douceur et ne le forcez pas, sinon il pourrait se replier
encore plus sur lui- même.
En revanche, si cette timidité est apparue soudainement alors que votre enfant était plutôt sociable, vous devez y prêtez une attention
particulière. D'autant plus si cette attitude se conjugue avec des problèmes alimentaires, des troubles du sommeil ou un comportement
anxieux. Sans que vous en ayez pris conscience, il est possible que votre enfant ait mal vécu un événement (déménagement, divorce,
difficulté à l'école…) et le manifeste par un repli sur lui-même.
Un repli passager à ne pas prendre à la légère.
Pour découvrir ce qui l'inquiète, tentez d'en parler avec lui à un moment calme. Rappelez-lui qu'il peut vous confier ses soucis et
que vous ferez en sorte d'y trouver une solution. S'il ne se confie pas, il peut être intéressant de l'observer quand il joue. Les
enfants expriment souvent leurs émotions par ce biais. Si, par exemple, votre fils ou votre fille met régulièrement en scène l'une
de ses figurines ou l'une de ses poupées tapant sur l'autre, cela peut vous mettre la puce à l'oreille. Il est possible qu'il exprime
ainsi un conflit qui l'oppose à un camarade de classe.
Dans tous les cas, si vous constatez que votre enfant est vraiment en souffrance et que vous n'êtes pas à même d'en saisir la ou les
raisons, n'hésitez pas à demander de l'aide à un psychologue ou à un pédopsychiatre.
Géraldyne Prévot
Conseil en développement personnel - Psychothérapeute
geraldyneprevot@noos.fr