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Les avancées de la scince changent la signification du mot vieillesse
par Laure Pouliquen
Publication du Groupe Naturopathie-Nutrithérapie de Laure Pouliquen

Avec quelques modifications génétiques seulement, les chercheurs ont créé des vers et des insectes qui ont une vie deux fois plus longue que la normale et qui meurent vigoureux et en bonne santé, c'est-à-dire qu'à équivalence avec l'homme, ils paraissent avoir 45 ans alors qu'ils ont réellement 90 ans. Même les souris vivent de 40 a 60 pour cent plus longtemps avec une toute petite modification génétique. Une fois qu'on aura compris pourquoi et comment nous vieillissons, on pourra alors travailler sur le prolongement de la vie.

Judith Campisi du laboratoire national de Berkeley à l'université de Californie-Berkeley, qui fait partie des experts les plus en avance dans la recherche sur le cancer et la vieillesse voit pour le futur une espérance de vie qui va en augmentant au fur et à mesure qu'on élimine les maladies qui nous tuent. "Je pense que nous serons capables d'améliorer les conditions de vie et peut-être de faire reculer toutes les infirmités et maladies qui empoisonnent les dix dernières années de la vie humaine" nous dit-elle, car la recherche en particulier sur les cellules, offre un potentiel quant au remplacement des cellules perdues à cause du vieillissement, des traumatismes ou des maladies.

La plupart de ces chercheurs sont plus enthousiasmés par la qualité de la vie plutôt que le nombre d'années à vivre. "Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, c'est que nous parlons de gens qui auront la forme d'une personne de 50 ans alors qu'ils auront réellement 90 ans, nous dit Kenyon de l'université de Californie-San Francisco. C'est d'ailleurs plus prudent de parler de la qualité de vie parce que la Société actuelle n'est pas encore prête à l'idée de vivre jusqu'à 120 ans et plus. Quand Judith Campisi expliqua à un groupe de San Francisco que sa recherche sur la vieillesse pourrait allonger de façon dramatique la vie des gens, le problème de la surpopulation a été abordé. "Le sentiment que ce que nous faisons est néfaste pour le genre humain, ne peut pas être ignoré" s'inquiète-elle. "Il y a une énorme hypocrisie à ce sujet" nous dit Steve Austad de l'université de Idaho. "Les mêmes personnes qui nous disent que trop de gens vivront trop longtemps, sont celles qui font la queue aux comptoirs des drugstores pour acheter de la mélatonine et d'autres vitamines qui sont supposées avoir des pouvoirs pour ralentir la vieillesse".

Bill Arnold, directeur du programme de gérontologie à l'université de l'état de l'Arizona, s'inquiète qu'en l'absence de discussions sérieuses à ce sujet, uniquement les riches pourront bénéficier des avances de la recherche scientifique. "L'éthique va devenir un sujet de discussion très important où la science, la médecine, l'économie et la vieillesse seront liés" nous dit-il. La plupart des scientifiques d'ailleurs sont d'accord pour que des décisions majeures en ce qui concerne la santé soient discutées au niveau des lois avant que certains traitements soient mis sur le marché car pour un certain prix, des injections seront capables de régénérer les muscles, les organes, la peau et même les cellules du cerveau.

"Dans un sens, le plus grand défi auquel l'Amérique vieillissante aura à faire face sera psychologique" nous dit Ken Dychtwald, un psychologue, auteur du nouveau livre "Age Power" (le pouvoir de l'âge). "L'Amérique s'est toujours considérée comme une nation jeune et une société nouvelle" et il ajoute "nous sommes les bénéficiaires d'un Far-Ouest qui clonera les organes, changera les parties du corps, et les manipulations biotech ainsi que cellulaires de l'horloge biologique feront en sorte que certains baby boomers(2) vivront bien au-delà des 100 ans avec l'aspect et l'énergie d'une personne de 50 ans".

(2) Baby Boomers = génération des personnes nées après la deuxième guerre mondiale, dans les années 50 et 60.