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Le block note : revue de presse - les Articles
Sélection rubriques : Sommaire | Revue de presse | Glossaire | Salons - Congrès |La maison empoisonnée
Les polluants qui peuvent affecter la qualité de l'air intérieur de nos maisons sont très divers, qu'ils soient de nature chimique (COV ou Composés Organiques Volatils), biologiques ou particulaires. Les polluants chimiques sont émis par les matériaux de construction : bois traités, panneaux de particules ou bois agglomérés et contreplaqués dont les résines et colles contiennent du formaldéhyde, moquettes, peintures, isolants, solvants et colles, tissus d'ameublement, etc...
Accordons une attention particulière à certains COV comme le formaldéhyde, le pentachlorophénol (fongicide), le lindane (insecticide), le toluène (solvant), les éthers de Glycol. Ces composés organiques volatils se retrouvent bien souvent en mélanges complexes et à de faibles concentrations dans l'air ambiant de nos maisons. A ces polluants il faut ajouter les gaz de combustions des chaudières à fuel et les matériaux fibreux tels que la laine de verre, la laine de roche et l'amiante.
Rapport de La Commission de la sécurité des Consommateurs
Essentiellement, les éthers de glycol sont utilisés comme solvants chaque fois que l'on recherche un caractère à la fois hydrophile (soluble dans l'eau) et lipophile (soluble dans les graisses) : on parle de solvants amphiphiles. Ils sont utilisés depuis environ 70 ans, mais se sont surtout développés à partir des années 60 avec l'apparition des peintures polyuréthannes, époxydiques, vinyliques et acryliques. Deux étaient très utilisés : le méthylglycol (MG) et l'éthylglycol (EG) ainsi que leurs acétates : ce sont en effet les premiers termes de la série des Eg, les plus facilement fabriqués et les moins onéreux.
Les principaux produits susceptibles d'en contenir sont à l'heure actuelle :- peintures, encres, vernis, peintures pour artistes, teintures, colles et adhésifs,
- produits d'entretien (lave-vitre, décape-four, produits pour moquettes, liquides vaisselle, décolleurs de papiers peints, décapants, détachants textiles, etc.),
- produits cosmétiques (coloration d'oxydation, shampooings, laques, crèmes défrisantes, produits pour le visage et le corps, parfums désodorisants) (usage désormais interdit pour 4 éthers de glycol : MG, AMG, EG et AEG, (cf. infra considérant 35),
- fluides de coupe,
- produits phytosanitaires (herbicides, etc.),
- carburants aéronautiques,
- produits photographiques (révélateurs),
- médicaments (usage désormais interdit pour 4 éthers de glycol : MG, AMG, EG et AEG, cf. infra considérant 36).
Ventilation
Si le contrôle et l'élimination des polluants à la source reste le moyen le plus radical et le plus efficace pour éviter toute pollution de l'air intérieur, une bonne ventilation, qu'elle soit naturelle ou mécanique est tout aussi indispensable si l'on veut obtenir un air ambiant de bonne qualité.
La ventilation dans une maison a plusieurs fonctions :- Assurer un apport d'air neuf, donc en principe non pollué.
- Contribuer à l'hygiène de vie des occupants en évacuant les odeurs, les contaminants biologiques générés par les occupants et les polluants chimiques émis par les matériaux et les combustions.
- Eviter les désordres dus à une humidité intérieure trop élevée
Autrefois, la ventilation des maisons se faisait naturellement par des infiltrations d'air non contrôlées dues le plus souvent au manque d'étanchéité des portes, des fenêtres et des chassis, etc... Mais de nos jours, pour des raisons d'économie d'énergie et en principe dans le but de nous assurer un meilleur confort, les constructions sont devenues étanches et le renouvellement de l'air indispensable à notre bien être et à notre santé se fait essentiellement par des systèmes de ventilation mécanique.
La conception, l'installation et la mise en oeuvre de cette ventilation mécanique contrôlée, plus couramment appelée VMC, doivent être conformes à la réglementation et aux DTU si on veut éviter tout accident comme celui qui est arrivé à la famille Mear.
L'habitation de la famille Mear est un vrai cas d'école et l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire en ventilation. Le système de VMC à simple flux dont est équipée cette maison a été mal conçu et mal installé. En effet, les entrées d'air neuf n'ont pas été réalisées. En raison d'une absence de ces entrées d'air et d'un manque d'étanchéité au niveau des plafonds, l'air aspiré par la VMC a transité par des zones déjà polluées par les bois traités (Pentachlorophénol, Lindane, Toluène) et par le Formaldéhyde émis par des panneaux de particules des caches moineaux et des closoirs. La VMC n'aura donc fait qu'aggraver la pollution de l'air intérieur de la maison au lieu de la réduire. La bouche d'extraction de la cuisine, de diamètre nettement insuffisant, n'était pas reliée au groupe extracteur du système de ventilation, ce qui est interdit par la réglementation. Le diamètre de sortie en toiture du conduit d'évacuation de l'air vicié était très insuffisant, Ø de 80 mm au lieu de 150 mm.
Les conséquences de telles erreurs sont très graves puisqu'elles auront provoqué la sensibilisation des époux Mear à divers produits chimiques notamment au Formaldéhyde. Ces derniers ont maintenant acquis une sensibilisation aux produits chimiques multiples, appelée MCS (Multiple Chemical Sensitivity).
N'oubliez pas que la ventilation est un élément fondamental dont vous devez particulièrement surveiller la conception, l'installation et l'entretien.
INFORMATION
Contactez
Béatrice Gioux
ou Michel Vialette
06 21 27 36 76
bgioux@orange.fr
mvialette@orange.fr
PUBLICATION
Nos maisons nous empoisonnent
par Georges Méar
Editions Terre Vivante
Nous pensons, une fois refermée la porte de chez nous, être à l'abri des agressions du monde extérieur, et en particulier de la pollution. Eh bien non ! Pire, en ville comme à la campagne, l'air que nous respirons dans notre sweet home est plus pollué que celui de la rue.