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Pourquoi choisir une approche psycho-corporelle
plutot qu'une approche verbale ?
par Hélène Harvey

Reconnaître ses émotions, les ressentir pleinement et les exprimer que ce soit de façon verbale ou corporelle, dans l'amour ou dans la joie, dans la peur ou dans la colère... c'est bon pour la santé.

Ma première étape fut une expérience d'une approche verbale, qui me fit prendre conscience de plusieurs difficultés dans ma vie. Cette approche m'a vraiment permis de réaliser combien il m'était pénible de rester présente à ma propre réalité de vie.

Je me suis aperçue de " ma façon de fuir " à travers la maladie. Je me mettais à chercher beaucoup avec ma tête une ou des réponses à mon inconfort et à ma douleur. Je souffrais dans mon corps et je cherchais la cause dans mon mental. Parfois, il m'était impossible de trouver ce qui n'allait pas en moi. Alors, par la prise de médicaments je me réfugiais dans " ça " pour ignorer et engourdir mes symptômes.

Ma réflexion fut simple... je demeurais avec mes petits, moyens et gros " bobos " à travers mon corps sans jamais être en lien avec les causes réelles de mon désordre émotionnel et corporel. Il m'était plus facile de faire taire ma douleur physique temporairement en utilisant des substances pour me soulager.

Une approche uniquement verbale ne m'a jamais libéré de mes tensions, angoisses, obsessions, peurs, crises d'anxiété etc... et je continuais à faire de l'insomnie. J'avais établi certains liens avec mes émotions, mais le constat de nombreux symptômes me plongea dans le sentiment profond que mes propres douleurs physiques me parlaient. J'éprouvais un immense besoin de connaître les causes primaires de mes douleurs physiques et c'est pour cette raison qu'il m'a fallu passer à la deuxième étape du processus...l'approche psycho-corporelle en RADIX.

J'ai découvert à travers mon corps que la respiration était au c?ur même de ma vie. Cette pulsation respiratoire m'a fait prendre conscience de l'importance de laisser libre cours à ce support fondamental qui est de bien respirer. Peu à peu, cela m'a fait sentir que mon corps pouvait devenir un allié et un magnifique instrument de travail. A travers lui, j'ai exploré mes propres blocages émotionnels dans ma structure et en même temps j'ai dû aussi découvrir l'expression de ma cuirasse caractérielle.

De quoi s'agit-il ?

Cela demande beaucoup de discipline et de persévérance. Durant mon processus de douze années, j'ai senti que la conscience du " SOI " , c'est à dire que mon identité personnelle était enfouie au plus profond de mon inconscient. Je n'avais jamais senti ce que c'était une conscience corporelle ainsi que mes propres frontières. Mon corps blessé de douleurs et de tensions, me fit entendre souvent : " Je le sens dans mes os... Je le sens dans mes veines... je le sens dans mes tripes... ". D'où venait cette voix claire en moi qui me donnait des informations sur l'ensemble de mon organisme? Je m'étais habituée à composer avec ce corps, et j'étais si mal en dedans. Malaises et blessures se répercutaient dans mon corps tout entier et je me retrouvais face à un être tellement blessé dans toute son intégrité.

Mes manifestations corporelles s'éveillaient de la façon suivante :

  • Sensations du corps (spasmes au dos, n?uds, raideurs à la nuque, jambes lourdes, respiration bloquée au plexus...)
  • Sentiments affectifs (ne pas connaître ses besoins, peu d'amour de soi, confusion, désorganisation...)
  • Difficultés à comprendre (anxiété, sensation de vide intérieur, tendance à m'isoler...)

Toutes mes blessures ont eu une action globale dans ma vie et sur mon organisme. Au fil des jours, des mois et voir même des années, j'ai traversé de nombreux tourbillons de grande intensité et j'ai dû apprendre à entrer en relation avec moi et mon environnement. A l'aide d'exercices corporels en sessions individuelles et de groupe, j'ai exploré mes signaux internes, c'est-à-dire la perception de mes sentiments réels auxquels sont attribués des valeurs. J'ai dû déterrer en moi tous les éléments essentiels de mon histoire personnelle jusque dans mon inconscient.

Dans un premier temps, il m'a fallu faire état des lieux (perception) de ce que je voyais, entendais, ressentais, constatais et sentais. Dans un deuxième temps, j'ai dû apprendre à dire, à nommer mes sensations et mes sentiments. Je devenais active dans cette approche d'expression corporelle en étant capable d'identifier mes émotions, de me permettre de les ressentir physiquement et de les dire. Exemple : " Je suis triste ". Qu'est-ce que cela suscite en moi? Qu'est-ce que je ressens? Qu'est-ce que cela me fait? (toujours en terme de sentir de l'intérieur).

Expérience vécu dans une session individuelle de travail au tout début de mon processus.

Je me sentais habitée par un sentiment de peine, de tristesse, il se manifestait plus particulièrement dans la région des segments supérieurs du corps, la région de la gorge. Lorsque le sentiment de peine s'installait en moi, le serrement de gorge devenait encore plus fort jusqu'à étouffer ma peine à travers mon corps. Dans ce serrement de gorge, je ne respirais plus, le fil conducteur, qu'est mon souffle, s'arrêtait. Je retenais l'émotion (ma peine) en la ravalant et cela me procurait un blocage respiratoire. La pulsation était bloquée en arrêtant tout simplement de respirer. A travers ce voyage, dans toute ma conscience, j'ai accepté de laisser monter en moi mes propres émotions, telles que la peine, la colère, la peur, etc... pour enfin libérer ma respiration dans l'espace de mon corps. Après cette expérience de travail, je venais de franchir un autre pas, dénouer un désordre provoqué par une souffrance musculaire pour en venir à rétablir une circulation fluide et autonettoyante.

De toute évidence, je souffrais de cet était qui suscitait en moi des manifestations physiques et émotionnelles. Chacun de nous dans son processus de vie, doit faire face à des problèmes dont notre corps parle avec insistance. Si j'en juge de par mes propres expériences, il m'était nécessaire de m'autoriser (d'être transparente) à éprouver toutes mes sensations et mes sentiments et ne plus les réprimer. Il fallait, au contraire, que je leur accorde toute mon attention.

Conclusion

A travers l'approche néo-reichienne Radix, j'ai ressenti toutes mes réactions comportementales. Cette démarche m'a procuré et me procure encore des bienfaits à plusieurs niveaux tels que : me responsabiliser dans ma vie, connaître mes frontières corporelles, mes limites en tant que personne humaine, déterminer mon espace, ma place, ne plus me laisser envahir par les choses et les événements qui ne me conviennent plus, faire de meilleurs choix, sentir que je respire et que j'existe à travers mon corps et cela m'amène aussi à dire mes besoins et surtout à rester présente à ce que je suis et en mouvement dans toute ma créativité.

Dans une approche psycho-corporelle, telle que celle que j'ai vécue, c'est le participant qui devient actif. L'objectif du praticien est d'accompagner et d'aider (en terme de support) la personne à devenir autonome et responsable de ce qu'elle est dans toute son existence de vie. Le praticien est un facilitateur, il demeure dans un espace d'accueil pour l'autre dans tout ce qu'il est.

Hélène Harvey
Praticienne accréditée en Radix
Approche Néoreichienne
Développement Éducationnel, Émotionnel et Énergétique
helene.harvey@oricom.ca