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Sélection rubriques : Sommaire | Revue de presse | Glossaire | Salons - Congrès |Le chagrin n'est pas une maladie... au contraire
par Hélène Harvey
Je me suis offert un temps de réflexion afin de me questionner sur la relation entre la personne humaine et le chagrin. Pourquoi est-il si difficile d'en parler? Est-ce que le chagrin devrait être vu autrement? Devrions-nous en prendre soin afin de construire notre intérieur lors d'un processus de recouvrance? Il devrait être traité comme un signe de santé et non comme quelque chose de honteux, comme si nous étions malade.
Tout d'abord, voyons ce que le dictionnaire, " Le nouveau petit Robert ", indique concernant le chagrin : État moralement douloureux. Affliction, douleur, mal, souffrance, tristesse. Peine ou déplaisir causé par un événement précis. Selon " Le grand dictionnaire des malaises et des maladies " (Jacques Martel), le chagrin est relié à une forme d'anxiété, une inquiétude ou une tristesse qui se manifeste par des pleurs, des sons de douleurs, de la solitude.
Mon coeur est blessé et malade suite à une expérience passée regrettable et douloureuse. Mon chagrin peut être long ou ne durer qu'un instant. Je cherche la cause véritable, souvent profonde ou inconsciente. Après des années, plusieurs blessures d'enfance peuvent resurgir ainsi que certaines prises de conscience. Je reste ouverte à ce que je vis et j'identifie rapidement la véritable source de mon chagrin pour pouvoir le changer. J'accepte ma prise de conscience et je l'intègre. De cette façon, je retrouve ma joie de vivre et j'en ressors grandie.
Notre chagrin naît de quelque chose, d'un lien brisé, d'une perte importante, d'une ancienne blessure, d'un événement douloureux extérieur à nous, (perte d'un enfant, conflits familiaux, manques affectifs, rupture, peine, colère et peurs refoulées, etc...) Le chagrin bouleverse, renverse. Il peut nous faire basculer et même chavrirer dans notre propre spirale de vie s'il n'est pas acceuilli.
Nous avons tous vécu l'expérience d'avoir vu des personnes pleurer. Leurs pleurs peuvent nous affecter et réveiller en nous notre propre chagrin. Dans mon expérience d'accompagnement aux personnes en fin de vie, certaines révélations sont très touchantes et privilégiées. Elles constituent des moments sacrés. Un jour, une personne m'a dit qu'elle n'avait jamais pleuré, car dans sa petite enfance, elle avait entendu dire que cela pouvait la rendre folle. Elle s'empêchait de laisser monter ses pleurs parce qu'elle avait terriblement peur de se faire suivre par un psychiatre en pensant réellement qu'elle pouvait être enfermée. Imaginons un instant l'intensité de la tension intérieure que cette personne pouvait se faire vivre? Elle avait peur de n'être que sa peine.
Le chagrin n'est pas une maladie ... au contraire, il fait partie de notre processus de vie. Apprenons à laisser couler nos larmes et à nous recevoir dans ce mouvement. Dans l'expérience du chagrin, il y a quelque chose qui se rétablit au niveau de la relation entre le corps et les émotions. Lorsque les pleurs s'installent, il y a une décharge sur le plan émotionnel et corporel, elle se manifeste dans l'ensemble du corps et de cette façon nous pouvons ressentir pleinement la peine qui est là dans le ici et maintenant. Si la personne s'accueille intensément dans son expérience, la détente, la relaxation apparaissent. Lorsque nous éprouvons de la tristesse et que nous nous permettons de pleurer, nous sommes vraiment en contact et en présence avec nous même. Une peine immobilisée peut se manifester par un simple étouffement au niveau de la gorge qui se serre. La personne ne se permet pas de ressentir son émotion en la ravalant, au même moment elle arrête de respirer.
À force d'ignorer et d'essayer de retenir ce mouvement naturel (chagrin), notre corps subit des tensions. Les muscles doivent fournir beaucoup d'efforts et par la suite cela se manifestera sous forme de rigidité physique et caractérielle. (réf. : L'analyse caractérielle de W. Reich) Notre corps cuirassé aura aussi des réactions chimiques telles que : des respirations insuffisantes, superficielles, des battements de coeur accélérés, des tremblements, des sueurs froides, et des bouffées de chaleur. Le fait d'être si proche d'une émotion et de ne pas pouvoir l'exprimer est terriblement pénible. La plupart des gens ne sont pas conscients de leurs blocages d'énergie dans leur corps. Ils s'habituent à vivre avec et restent souvent seuls avec leurs douleurs. Ainsi, la maladie s'installe graduellement.
Il y a beaucoup trop de tranquillisants, d'antidépresseurs prescrits afin que les gens puissent arrêter de pleurer. De toute façon, notre planète entière pleure et c'est pour cela que nous devons en faire un sujet de réflexion. Nous devons essayer de prendre conscience que, même si nous continuons à ingurgiter toutes sortes de substances, nous pleurons tous à l'intérieur. Notre corps a un langage, il nous le révèle clairement à travers notre cuirasse corporelle et émotionnelle. Nous pouvons guérir notre chagrin afin qu'il accélère notre processus d'éveil à nous-même.
Le chagrin réprimé laisse des traces et des empreintes, il peut nous diriger vers la frustration, la colère, la haine, la dépression, le désespoir, l'abandon, le désir de mourir. En le fuyant, en demeurant dans la négation, nous évitons de mieux nous connaître, de sentir et d'affronter notre propre réalité de vie.
Laisser libre cours à nos larmes et à nos émotions cachées permet de dire : " Je me sens beaucoup mieux maintenant. " Ressentir du chagrin est un phénomène tout à fait normal. C'est comme la pluie venant du ciel, elle est essentielle à la terre. De toute manière la pluie ne dure pas toute la vie; le soleil vient après la pluie.
Dans le processus Radix, la personne apprend à accueillir son chagrin dans un milieu sécuritaire pour ainsi en arriver à faire l'expérience de la joie. En accueillant sa peine, elle créera une ouverture à la joie. Le cycle de la pulsation est rétabli ( Charge-Tension-Décharge-Relaxation) permettant la complémentarité des expressions émotives : Peine - Joie; Colère - Amour; Peur - Confiance.
En terminant, nous ne pleurons jamais pour rien, nos pleurs parlent. Nous pleurons parce que nous avons perdu quelque chose qui nous était précieux. Pleurer soulage et guérit les esprits, les c?urs et calme les nerfs. C'est une excellente façon de rétablir Le mouvement de la respiration, de s'ancrer à notre mère-terre, notre enracinement, cette solidité que nous pouvons nous permettre de le sentir que de l'intérieur au centre de ce que nous sommes. C'est aussi une manière de s'unir à soi-même en profondeur telle une prière de pleurs (ça existe). Personnellement, je dis que ces expériences peuvent nous aider à contacter un niveau spirituel très grand. Elles nous élèvent dans toute notre essence. J'appelle cela : "Le miracle de l'ancrage".
Nos yeux parlent. Pouvons-nous prendre le temps de les écouter? Puis-je accueillir mon chagrin dans ma vie?
Bonne réflexion.
Hélène HarveyPraticienne accréditée en Radix
Approche Néoreichienne
Développement Éducationnel, Émotionnel et Énergétique
helene.harvey@oricom.ca
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