Nouvelle paternité
par Jacques Dumortier
Quid d'une école des papas ?
Côté paternité, çà bouge : nous sommes nombreux aujourd'hui à vouloir changer des choses dans notre vie pour être plus vivant, plus exprimé, plus en accord avec nos désirs profonds, plus en paix avec nous-même, plus en harmonie avec notre entourage, avec notre environnement ; à vouloir développer de nouvelles compétences... en résumé, à vouloir mieux nous réaliser ! Nous voulons une vie pleine, réussie ; nous nous y consacrons.
Parallèlement, notre regard sur l'enfant évolue : nous sommes disposé à lui donner toute sa place dans cette nouvelle donne ; le congé paternité et les 35 heures vont nous y aider.
Mais sommes-nous réellement prêts à prendre toute notre place de père ? Savons-nous notre rôle ? Sommes-nous prêts à l'assumer pleinement ?
Première question : sommes-nous disponibles ?
Il ne s'agit pas tant de quantité de temps, mais de qualité de présence, de réelle écoute, d'être là pour l'enfant. Qu'avons-nous réglé de notre propre vie, en particulier avec notre propre enfant intérieur ? Sommes-nous adulte au
point de ne plus avoir besoin d'être materné nous-même ? Où en sommes-nous de notre dépendance à l'autre ? De notre propre autonomie ?
Deuxième question : de quels regards partons-nous ?
Quel regard portons-nous sur l'enfant ; sur son monde ; sur ses possibles ; sur la mère, le père, l'amour, la femme, l'homme, la famille, le groupe, la société, l'autorité, l'école, la religion, la spiritualité, la vie, la liberté,
le manque, l'égoïsme, la responsabilité, l'éducation, la santé, la nourriture, le travail, les projets, les rêves, l'adversité, la réussite... ?
Ces regards déterminent nos relations avec la mère, avec l'enfant. Ils déterminent nos
actes.
Ils sont aussi ceux que nous proposons, voire imposons à l'enfant.
Ils ne sont pas toujours en accord avec ceux de la mère.
Troisième question : quelles sont nos intentions vis à vis de cet enfant , à court, moyen et long terme ?
Seront-nous dans le modèle que nous avons connu ? Dans le contre modèle ?
Dans une synthèse, cohérente pour lui ?
Sera-t-il "tout le temps dans les bras", "nourri à la demande", "logé" dans notre chambre, gâté...?
Qui le changera, le bercera, lui chantera des chansons, se lèvera la nuit...?
Seront-nous permissif, copain, respecté, autoritaire... ?
Quelle liberté aura-t-il dans le choix de ses activités ? Dans l'exercice de ses passions ?
Dans le choix de son métier ?
Quatrième question : que faire quand notre pratique diffère de nos intentions ?
Quand l'enfant s'oppose, s'affirme, s'exprime ?
Dans le quotidien, par nos paroles, nos gestes, nos actes, par la cohérence ou non de toutes ces formes de communication, nous imprimons notre marque.
C'est là que se tisse la relation, la confiance, le respect, l'amour... ou la peur, l'irrespect, la haine... Nous imprimons aussi notre marque par notre art de vivre, et par le "spectacle" de notre comportement au quotidien avec
les tiers : avec la maman, les frères et soeurs, les connus et les inconnus.
Savons-nous facilement lâcher prise ?
Savons-nous distinguer entre relation de pouvoir et relation de puissance ?
Cette nouvelle paternité, ce n'est finalement pas si évident. Ce n'est pas inné.
Les enfants, les adolescents, les "adultes" d'aujourd'hui sont-ils ceux que nous souhaitions qu'ils soient ? Pour eux-mêmes ? Pour leurs parents ? Pour la société ?
Leur histoire est déjà longue, depuis leur conception, et ceux qui ont participé à leur développement sont nombreux. Mais quel a été le rôle spécifique du père dans ce cheminement ?
De quoi est-il fier ? De quoi l'est-il moins ? Son témoignage peut être utile aux nouveaux papas.
Nous le savons, l'impact du père, présent ou absent, est essentiel.
Peut-être manquons-nous d'informations, de dialogue, de recul face à la paternité.
Peut-être ne voyons-nous pas assez loin quand on accompagne un enfant dans la vie : même s'il a ce grand privilège de vivre l'instant, nous devons parfois faire un choix entre faire plaisir et construire.
Pourquoi une école des papas ?
Pour rencontrer d'autres nouveaux papas, ou futurs papas, des papas et des mamans expérimentés ; des professionnels de l'enfance, de la naissance ; éventuellement, un accompagnant...
Cette vie que nous avons "donnée", cette flèche que nous avons lancée, nous en sommes responsable.
Notre rôle est de l'aider à s'ouvrir au monde, à développer ses compétences, à contacter sa force, à construire sa confiance, son autonomie, sa sociabilité.
Notre mission est noble. Nous pouvons atteindre, avec cet enfant, une relation forte, magnifique.
A condition de comprendre qu'il s'agit d'un échange, d'accepter la réciprocité, de saisir l'opportunité de transformation que nous offre cette nouvelle naissance, de mettre à profit, en toute humilité, la capacité qu'ont
ces petits à nous montrer nos points faibles, à nous aider à grandir.
Pourquoi construire cette école des papas, partout en France, et ailleurs, et aussi sur le net ?
Pour nous, les nouveaux papas. Pour notre propre transformation.
Pour jouir au mieux de ces précieux instants (les enfants grandissent si vite !).
Pour nos femmes. Pour nos couples.
Mais surtout, pour nos enfants, et pour les adultes qu'ils seront demain.
Créateur du cabinet Alyotis - 75003 Paris
et professionnel RH : bilans de compétences, coaching, management de la relation.
Père de 2 grands garçons et de 2 petites filles.
jacques.dumortier@alyotis.com