Le Qigong
par Michel Brunet

(Texte extrait du livre à paraître prochainement en auto-édition : Le QiGong, une précieuse aide pour votre santé - Michel Brunet.)

Le QiGong est une science du corps et de l’esprit amenant à cultiver le perfectionnement de soi, c’est aussi une médecine et une philosophie. Plus qu’une technique, c’est un art. Mieux que de pratiquer un art, le pratiquant de QiGong cultive un état d’être.

C’est aussi un sport favorisant la psychomoticité et aidant à gérer le stress. L’état de QiGong s’acquiert au fil des mois et des années d’étude et de pratique. L’étude méthodique aide à comprendre que toute pensée et tout acte de la vie sont une forme de QiGong. Par conséquent, la vie quotidienne est un moyen de se perfectionner tout au long de sa vie, tout comme le QiGong qui doit devenir l’un des moyens d’hygiène vitale au jour le jour. Bouger, bien se nourrir et respirer correctement sont le ternaire essentiel pour tout un chacun. C’est aussi sur cette base que repose les fondements théoriques et pratiques du QiGong amenant à une bonne circulation de l’énergie vitale dans les méridiens d’acupuncture.

Il est difficile de dater très précisément le QiGong dont l’histoire remonte à plusieurs milliers d’années. Dans l’historique du Qi Gong, dont d’ailleurs l’ancienne appellation fut «Daoyin», il est précisé que la danse est à l’origine de ces mouvements aidant à accéder à une meilleure santé. Ceci est rapporté dans les «annales du printemps et de l’automne de Lü» (722-481 av. J-C) : « depuis les temps originels antérieurs aux familles Tao et Tang, le yin tend à stagner et à incuber d’une manière latente et à s’accumuler au plus profond du corps, les passages des liquides sont ainsi bloqués, et ils ne coulent pas dans les passages originels, le Qi couve et stagne à l’intérieur du corps, les muscles et les os se recroquevillent, raccourcissent et ne peuvent pas s’étendre convenablement ; puis la danse s’est créée en conséquence, pour supprimer la stagnation et l’obstruction» .

Par la suite, plusieurs danses ont été élaborées en temps que thérapie physique et respiratoire. L’humain s’est rendu compte qu’il s’adaptait au contexte, aux intempéries etc.. Cela en utilisant son corps. En effet, en se recroquevillant et en s’accroupissant instinctivement, l’humain conserve toute son énergie et il se réchauffe. Puis l’humain réalisera qu’en respirant d’une certaine façon et en prononçant certains mots, des fonctions du corps humain seront activées :

Etendre les membres permet de dissiper la chaleur, se recroqueviller permet de condenser la chaleur et de repousser le froid. A cette époque, les humains observaient la nature et s’en inspiraient afin de créer les premiers mouvements du Daoyin: l’ours grimpant à l’arbre et l’oiseau s’envolant...

Des objets en bronze datant de la dynastie Zhou (11 ième siècle Av J-C) ont été retrouvés, sur lesquels étaient décrits le QiGong. Ce sont la les premières «mentions écrites» inhérentes au QiGong. Laozi au sixième siècle Av J-C avait pris des notes sur les méthodes respiratoires ainsi que Zhuang Zi disant :
« exhaler et inhaler, se débarrasser du confiné et prendre le frais, se contracter comme l’ours et s’étirer comme l’oiseau, tout cela aide à prolonger la vie».

Un pendentif de Jade datant des périodes «770 Av J-C à 221 Av J-C» décrit la méthode d’entraînement et la théorie du QiGong. L’inscription était gravée sur un cylindre à douze côtés contenant quarante cinq caractères Chinois :
«promouvoir et conduire le Qi, la profondeur engendre l’accumulation, l’accumulation engendre l’extension, l’extension engendre la descente, la descente engendre la stabilité, la stabilité engendre la solidité, la solidité engendre la germination, la germination engendre la croissance, la croissance engendre le retrait, le retrait conduit au paradis».

«Le Qi céleste descend du ciel et le Qi terrestre monte de la terre. Vivre nécessite de se conformer à cela et entrer en conflit avec cette règle conduit à la mort» : Le rapport au Yang et au Yin est ici clairement exprimé. L’importance de l’énergie céleste et de l’énergie terrestre est aujourd’hui une évidence pour tous les pratiquants du QiGong.

Des reliques historiques ont été exhumées de la tombe Han N° 3 à Mawangdui, Changsha, dans la province du Hunan. Il a été retrouvé un livre de soie, sur lequel est inscrit :
« abandonner la nourriture et vivre du Qi» : abandonner la nourriture peut paraître présomptueux mais sans l’abandonner, en s’exerçant au QiGong nous nous rendons compte d’un besoin moindre en nourriture. Peut-être par le fait d’une régulation de la satiété, système autonome souvent perturbé chez beaucoup de gens dans nos civilisations modernes ce qui contribue certainement à la profusion de gens obèses.

Le Daoyin est peint sur une Soie datant du début de la période des dynasties des Hans de l’ouest (troisième siècle Av J-C). L’entraînement au Qi y est clairement expliqué par des mouvements destinés à améliorer la santé, sous la forme de quarante quatre illustrations en couleur.

Sous la dynastie des Hans, le canon de médecine interne «c’est le plus ancien manuscrit de médecine générale» de l’empereur jaune mentionne et explique le QiGong de façon circonstanciée:
« En restant nonchalant et vide, le Qi suivra. En gardant un esprit sain, comment les maladies pourraient-elles survenir? Expirez et inspirez l’essence du Qi, concentrez l’esprit pour garder un esprit sain, unir les muscles et les tendons comme un. Ceux qui souffrent d’une maladie chronique des Reins peuvent faire face au Sud de 3 h du matin à 5 h de l’après-midi, nettoyer l’esprit de toutes les pensées parasites, retenir sept fois leur respiration avant de déglutir en allongeant le cou pour faire descendre le Qi sans heurt »

Au cours des âges dans l’histoire de la médecine traditionnelle Chinoise, les médecins ont toujours donné une place importante au QiGong. Ils avaient une grande culture dans ce domaine. Le QiGong est une composante importante de la médecine traditionnelle Chinoise aux côtés de l’acupuncture, de la pharmacopée traditionnelle, du massage, des ventouses etc...

Dans le traité dit «des maladies fébriles» datant du troisième siècle après J-C, Zhang Zhongjing mentionne l’utilisation du QiGong afin de traiter des maladies : «Lorsque les membres sont lourds et paresseux, recourez au Daoyin (ancien terme pour désigner le QiGong médical), acupuncture et massage en frottant avec des huiles».

Son contemporain Hua Tuo (?-298) créa le jeu des cinq animaux (wuqinxi). Le jeu des cinq animaux consiste à mimer l’attitude de l’ours, du cerf, du tigre, du singe, de la grue. Ces mouvements permettent de favoriser la circulation du sang qui, selon la médecine traditionnelle Chinoise, procède de la circulation du Qi. La circulation du Qi est facilitée dans l’ensemble de l’organisme lors de la pratique de ces exercices. La pratique dynamique des cinq animaux, des huit pièces de brocart et de l’enchaînement permettant de nourrir les muscles et les tendons sont des QiGong parmi les mieux reconnus encore de nos jours en Chine. Il y a d’ailleurs des études permettant de comprendre l’action qu’ont ces mouvements sur l’organisme, car des résultats probants ont été observés sur des pratiquants atteint de maladies telles que: cancers, asthme, neurasthénie, hypertension...

le QiGong a été pratiqué pour aider à soigner de nombreuses affections: hépatites, hypertension artérielle, asthme bronchique, neurasthénie. L’effet curatif de certaines maladies aiguës a été démontré. Le QiGong a été utilisé comme un moyen d’anesthésie dans le cadre de certaines opérations chirurgicales. De nombreuses applications du QiGong ont été démontrées dans divers domaines: santé, sport.. Bien que «l’affaire» Falun Gong eut entaché l’image du QiGong, certaines techniques sont maintenant reconnues, enseignées et pratiquées de façon encadrée par la «fondation de l'Association de QiGong pour la santé du corps de Beijing», avec l'approbation du ministère chinois des Affaires civiles, les bienfaits du QiGong ayant été prouvés.

Le QiGong a toujours tenu une place importante dans l’étude des arts martiaux traditionnels, surtout ceux inhérents aux pratiques internes: Taichi-chuan, Dacheng chuan /Yi quan, Ba Gua etc.. Mais aussi dans le wushu externe, dans lequel est enseigné le QiGong dur (le corps de fer) permettant de raffermir considérablement le corps par des méthodes respiratoires internes associées à des méthodes externes d’endurcissement du corps, cela se pratique avec des sacs de frappe entre-autres techniques.

Les quatre techniques les plus pratiquées dans le cadre de la santé

  • 1 - Yi Jin Jing: Exercices des muscles et des tendons.
  • 2 - Wu Qin Xi: Exercices d'imitation de cinq animaux.
  • 3 - Liu Zi Jue: Les six caractères ou, six sons de guérison.
  • 4 - Ba Duan Jin : Les huit pièces de brocart.
  • 5 - Les principales méthodes d’entraînement
    Le tuna : Expiration et inspiration.
    Le daoyin : La conduction mentale du Qi.
    Le cunshen : La préservation de l’esprit.
    Le jinggong : Ce sont les exercices lents.
    Le donggong : Ce sont les exercices dynamiques.
    Le neigong : Ce sont les exercices internes.
    Le waigong : Ce sont les exercices externes.
    Le dazuo : Ce sont les exercices de méditation.
    Le zuochan : Ce sont les exercices de contemplation interne.
    Fa Gong : Les méthodes permettant l’émission du Qi avec les mains et la pensée...

La recherche d’une vie sereine et le perfectionnement du corps et de l’esprit, l’entretien de la vie par la respiration sont prépondérants dans toute pratique du QiGong. Tous les arts internes et les arts martiaux externes ont un lien avec le QiGong qui en est la base interne (énergétique). Le QiGong est lié à la médecine traditionnelle Chinoise par une théorie commune.

Michel Brunet
Ostéopathe UFOF-naturopathe OMNES.
Reiki Master et enseignant QiGong thérapeutique depuis 1994.
Auteur de : Reiki, Santé-Longévité ; éditions Trajectoire février 2004.
michelbrunetconseil@free.fr