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Le block note : glossaire - les disciplines
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Complément d'information
La psychologie physiologique
À l'autre extrémité se trouve le pôle biologique, intrinsèquement lié à la psychologie, puisque dans l'approche matérialiste de la psychologie scientifique les comportements et les structures mentales ne sont pas dus à une âme immatérielle mais sont les produits de l'organisme (organes sensoriels, larynx, hormones...) et plus particulièrement du cerveau. Si certains mécanismes (langages, jugements sociaux...) ne sont pas déterminés directement par les mécanismes biologiques, d'autres sont étroitement dépendants de leur base neurobiologique: la perception des couleurs est déterminée par trois sortes de récepteurs rétiniens; les émotions sont déclenchées par des mécanismes hormonaux, qui dépendent, plus en amont, de programmes de commande (comportement alimentaire, commande d'attaque, de peur...), de structures spécialisées du cerveau, existant déjà chez les mammifères inférieurs.
Le secteur correspondant au pôle biologique, recouvre plusieurs terrains: psychologie physiologique, psychobiologie ou psychophysiologie. Grâce aux développements récents rendus possibles par l'électronique et l'informatique, ce domaine tend à éclater en secteurs spécialisés, réunis sous le nom de neurosciences (neurobiologie, neurochimie...).
La neuropsychologie traite, en liaison avec la neurologie, des correspondances entre les structures psychologiques et celles du cerveau: par exemple, il est établi depuis la fin du XIXe siècle qu'une lésion temporale de l'hémisphère gauche (centre de Broca) provoque une atteinte du langage (aphasie).
La psychopharmacologie, qui avait profité des découvertes considérables de la neurobiologie sur les neurotransmetteurs (petites molécules qui assurent la communication entre neurones), a réussi à interpréter l'effet de drogues classiques (tel l'opium) comme l'action de molécules qui miment des neurotransmetteurs ou qui interviennent dans les mécanismes associés. Aussi a-t-on pu mettre au point, pour soigner la dépression, des molécules qui inhibent le recaptage de neurotransmetteurs et qui permettent ainsi une vie active.
La psychiatrie, spécialité médicale qui traite des maladies mentales, privilégie en général une vision biologique de l'origine des troubles mentaux (ainsi, elle interprète la schizophrénie par une déficience biochimique) et, le plus souvent, elle propose des thérapies à base de médicaments. À l'inverse, la psychopathologie, qui traite également des maladies mentales, a tendance à accorder une importance primordiale aux facteurs d'ordre psychologique (par exemple, à la dépression consécutive à un divorce, au chômage...) et préconise des thérapies psychologiques.
L'interaction entre le social et le pathologique ne constitue pas l'objet de secteurs nettement spécialisés; l'ethnopsychiatrie seule prend en compte les traditions culturelles (structure familiale matriarcale, pratique de sorcellerie...) dans l'analyse des troubles mentaux. Mais il existe des thématiques de la psychopathologie qui se réfèrent à la délinquance et à la criminalité et qui connaîtront peut-être un développement. Dans un domaine plus social, la psychologie de la santé s'intéresse aux institutions, à la formation des acteurs sociaux, des éducateurs, etc.
Certains secteurs sont en interaction avec les pôles «normal» et «biologique». Dès les origines de la psychologie scientifique s'est développée une psychologie animale à l'intérieur des laboratoires, notamment avec les célèbres études de Skinner sur le conditionnement. Celle-ci s'intègre désormais dans les neurosciences comportementales, disciplines qui bénéficient du développement d'équipements lourds utilisés en neurochimie, en neuro-anatomie, en microélectrophysiologie... Dans les années 1950, des chercheurs de terrain ont contribué au développement de l'éthologie, un courant parallèle, d'inspiration zoologique, qui étudie le comportement animal dans le milieu naturel.
La psychologie de l'enfant se situe plutôt vers le pôle biologique, car le développement de l'être humain est naturellement lié à la maturation biologique. Elle étudie, de façon expérimentale ou clinique, l'enfant en soi (du bébé à l'adolescent). Dans la perspective de la psychologie génétique (Piaget), l'évolution des fonctions psychologiques (langage, intelligence) est déterminée par l'âge. Dans le domaine de la psychologie du développement, certains incluent même le vieillissement.
Du dialogue homme-machine aux neurosciences
Marquée par une grande diversité, la psychologie n'en est qu'au début de son histoire sur le plan scientifique. Son importance ne cesse de croître en interaction avec d'autres sciences ou secteurs d'activité, portant notamment sur le dialogue homme-machine, l'éducation et le système nerveux.
C'est en interaction avec la psychologie que la perspective du traitement de l'information a été élaborée par les sciences de l'informatique et la science de la communication. Pour transmettre par câble le langage sous forme électrique, il fallait étudier les propriétés du langage: il est désormais possible de le faire passer sous la forme d'impulsions électriques codées et compressées, à des vitesses vertigineuses. L'étude du langage a permis également la reconnaissance et la synthèse vocales, alors que l'intelligence artificielle et les systèmes experts enrichissent des études sur la mémoire et l'intelligence. Par ailleurs, des robots intelligents pourront assister l'homme, notamment les handicapés.
Les études dans le domaine de l'éducation permettront d'améliorer les méthodes de lecture et d'apprentissage, d'épargner aux élèves d'inutiles fatigues - incontestablement préjudiciables pour la santé - d'identifier les qualités et faiblesses de pratiques pédagogiques tour à tour valorisées ou dépréciées (l'apprentissage par la répétition, l'analyse phonologique et la vocalisation dans la lecture) et d'analyser l'originalité des structures de connaissance dans les différentes disciplines.
Les neurosciences prennent un essor prodigieux grâce à l'imagerie médicale et au développement sans précédent de la pharmacologie. Des modèles du fonctionnement psychologique sont nécessaires pour connaître la cible spécifique des médicaments, notamment pour synthétiser des antidépresseurs qui ne perturbent pas la mémoire. D'autres recherches, portant surtout sur l'étude des biais de subjectivité, anodins en apparence, permettront d'éliminer des prescriptions erronées dues à la valeur accordée à l'introspection du malade (traiter une plainte de mémoire là où il ne s'agit que d'anxiété...). En interaction avec l'ingénierie informatique, des implants pourront compenser les déficiences de mécanismes neuropsychologiques tels que l'audition.
Les recherches sur la génétique des comportements étendront aux fonctions psychologiques les possibilités de manipulations génétiques et permettront de compenser ou de supprimer des déficits cognitifs génétiques (mongolisme, ou trisomie 21). Mais lorsque l'ingénierie génétique permettra de modifier les gènes qui, en amont de l'éducation, sculptent les facettes de notre individualité, se poseront des problèmes éthiques sans précédent.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2000 © Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2000