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Psychologie

Complément d'information

De l'introspection à la méthode scientifique

Tant qu'elle avait l'âme pour objet d'étude, la psychologie ne pouvait être scientifique. Les états d'âme étaient censés être appréhendés par l'introspection, l'observation intérieure, dont le champ se réduit à un petit nombre de phénomènes, largement dépendants de la métacognition (le langage et les connaissances sociales). Ainsi, les premiers psychologues, comme Alfred Binet, montrèrent que les jugements sont très irréguliers et non reproductibles, puis Freud révéla par différentes techniques (hypnose, associations libres...) que beaucoup de phénomènes ou souvenirs sont inconscients. La psychologie expérimentale, à son tour, recensa des milliers de cas où l'introspection s'avérait erronée et de faits auxquels l'introspection n'avait pas accès.

La psychologie scientifique est fondée sur le principe du déterminisme - commun à toutes les disciplines scientifiques -, selon lequel tout effet est produit par une cause. Reposant sur la méthode expérimentale, elle n'admet aucun phénomène non vérifiable, issu de croyances religieuses ou autres (le magnétisme).

Ainsi, en psychologie expérimentale, une théorie correspond donc à l'organisation en un ensemble de théorèmes déductibles de nombreuses causes identifiées. Si la structure de la théorie est empruntée à un domaine différent, c'est un modèle: par exemple, un modèle animal peut servir pour décrire un fonctionnement émotif, de même qu'un modèle informatique peut permettre de rendre compte du fonctionnement psychologique et de le représenter sous forme de composants et de codes.

Les divers champs d'action de la psychologie

Il existe de nombreuses spécialisations à l'intérieur de la psychologie. Ainsi, l'Association américaine de psychologie (APA) publie quelque vingt-cinq revues, couvrant un domaine de connaissances allant de la psychologie appliquée aux neurosciences comportementales, en passant par la psychologie de l'éducation et de la famille, la psychométrie, etc. Le seul secteur de la psychologie expérimentale compte, depuis plusieurs années, quatre revues spécialisées (dans les domaines de la psychologie générale, du comportement animal, de la perception, de la mémoire et de la cognition).

On peut classer en deux directions la plupart des spécialisations. La première correspond à l'opposition entre le normal et le pathologique: adoptée dès l'origine de la psychologie, cette division fondamentale ressemble à bien des égards à la distinction entre la biologie et la médecine. La seconde oppose ici deux aspects indissociables du psychologique: le biologique, qui en est l'origine, et le social, qui en est le produit.

La psychologie du «normal»

Le fonctionnement des comportements et des représentations mentales non pathologiques constitue l'objet de recherche de la psychologie du «normal». À l'origine, elle s'est distinguée par sa méthode expérimentale de la psychologie philosophique de type subjectif. De cette méthode expérimentale généralisée à la plupart des secteurs, naquit une discipline caractérisée par son objet d'étude qui fut nommée «psychologie générale «ou encore «psychologie expérimentale»: elle étudie la perception, l'apprentissage, la mémoire, le langage, l'intelligence, la motivation, les émotions et la personnalité.

La psychologie générale suppose que l'existence de certains fonctionnements revête un caractère général: ils sont constants à l'échelle phylogénétique et sociale ou à celle du développement de l'enfance. Ainsi, les mécanismes de la vision des couleurs sont similaires chez différentes espèces (dotées de trois récepteurs), et il est établi qu'il existe la mémoire à court terme, le conflit ou le stress chez des personnes d'âges ou de civilisations différents. Dans d'autres domaines, comme l'intelligence ou la personnalité, l'observation et les expériences révèlent cependant que les différences l'emportent sur la règle générale. De l'étude des différences est née la psychologie différentielle (appelée dans certains pays «psychologie comparative»), qui fut fondée par Francis Galton en Angleterre, où elle s'est particulièrement développée. La nouvelle discipline donna naissance à un institut d'orientation scolaire et professionnelle (créé par Henri Piéron), où ont été formés beaucoup de psychologues scolaires.

De nombreux tests ont été élaborés, entre autres dans les domaines de la psychologie de l'enfant et de la personnalité, et certains d'entre eux ont engendré la psychométrie, l'étude individualisée des tests psychologiques. À partir des années 1970, la perspective du traitement de l'information a permis de dépasser le simple comportementalisme -  grâce à un développement considérable des recherches sur les structures mentales présidant à la connaissance, à la mémoire, à l'image et au langage, à l'attention, à l'intelligence naturelle (et à l'intelligence artificielle): ce domaine fut qualifié de psychologie cognitive.

La psychopathologie

Les dysfonctionnements représentent un domaine très important de la psychologie, sans doute le plus connu du grand public, grâce au retentissement de l'ouvre de Freud et à l'impact de la psychopharmacologie. Selon que l'on considère l'objet de recherche ou la méthode, on nomme ce domaine psychopathologie (psychologie pathologique) ou psychologie clinique. L'appellation psychologie clinique évoque d?abord la finalité thérapeutique et les soins apportés à un malade, lequel n'est pas un objet d'expérience mais un sujet dont les caractéristiques individuelles sont prises en compte. Aussi cette appellation se réfère-t-elle à une approche originale: la démarche clinique, opposée à la démarche expérimentale, conteste la nécessité d'isoler des mécanismes à l'intérieur de la complexité de la personne humaine ou de démontrer des phénomènes sur des groupes de plusieurs individus. Sans doute, pour certains, le succès de la démarche expérimentale rend de plus en plus désuète cette conception.

Les grands domaines de la psychopathologie sont l'anxiété et la dépression, les névroses, les psychoses, ainsi que des troubles qui prennent une ampleur considérable dans notre société moderne (alcoolisme, toxicomanie). Rien ne permet d'affirmer, eu égard au développement de l'importance de ces pathologies, que la méthode expérimentale puisse suffire à les appréhender. L'approche de ces questions par la voie de la psychanalyse semble, en effet, elle aussi nécéssaire. La psychanalyse, dont l'impact a été considérable en psychologie, où furent introduits des concepts désormais classiques tels que névrose, moi, conflit, frustration, etc. Parmi les thérapies issues d'autres grandes théories, telles que le béhaviorisme, figurent les thérapies comportementales, qui partent du principe que des troubles mentaux proviennent d'apprentissages dérangeants qu'il convient de réadapter: c'est le cas notamment des phobies, auxquelles les thérapies verbales (comme la psychanalyse) ne semblent pas tout à fait adaptées. La perspective cognitive, qui revalorise les stratégies conscientes, propose également des thérapies du même nom.

La psychologie sociale

Secteur fondamental, la psychologie sociale traite traditionnellement des interactions entre individus, portant un intérêt spécial à l'interaction de l'individu avec le groupe; elle est axée sur les phénomènes d'influence sociale, de leadership, de manipulations, de jugements sociaux et de communication. Alors que, pour beaucoup, les idées de Freud ne sont pas testables, de nombreuses recherches expérimentales ont été faites aux États-Unis, en particulier dans le domaine de l'image de soi (Self), dans celui du conflit (où fut forgé le concept de dissonance cognitive) ou dans celui de la frustration comme déclencheur de l'agressivité.

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