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Psychanalyse

Complément d'information

La libido

Une première théorie des pulsions oppose la libido aux pulsions du moi, ou pulsions d'autoconservation. La libido désigne l'aspect quasi quantitatif de l'énergie attachée à la pulsion sexuelle, dans le sens très large où l'entend la psychanalyse. Mais la recherche de la satisfaction de cette pulsion se heurte à la résistance des pulsions du moi, qui comprennent l'ensemble des besoins biologiques fondamentaux de nature non sexuelle visant à assurer la conservation de l'individu, et dont le prototype est le besoin alimentaire. Les pulsions du moi obéissent au principe de réalité, qui subordonne la satisfaction de nos tendances aux exigences de la vie sociale. Ce sont elles qui, lorsqu'elles prédominent, refoulent les pulsions sexuelles. Plusieurs découvertes provoquées par la cure analytique conduiront Freud à supposer chez tout être humain l'existence de tendances profondes à l'agression et à la destruction, visant d'abord le moi (autodestruction, masochisme) et pouvant se fixer sur un objet extérieur (sadisme). Freud modifia alors sa première théorie des pulsions et substitua au dualisme libido/pulsions du moi un dualisme plus tragique qui opposait les pulsions de vie aux pulsions de mort et organisait la vie psychique profonde sous le signe de la lutte d'Éros et de Thanatos.

La théorie des pulsions est, en quelque sorte, une dynamique de l'âme humaine; mais elle implique l'existence de centres psychiques distincts (ou instances) qui peuvent entrer en conflit et dont la description s'appelle topique (théorie du lieu).

Le système préconscient-conscient et la censure

En ce qui touche la conception de l'appareil psychique, la pensée de Freud a également varié. Une première topique, contemporaine de la première théorie des pulsions, oppose deux systèmes: le système inconscient (ICS) et le système préconscient-conscient (PCS-CS).

L'inconscient est le réservoir des pulsions et de tout contenu psychique qui a été refoulé, en particulier les désirs de l'enfance. Il est mû par la recherche du plaisir au détriment du sens du réel. Les pulsions de l'inconscient sont particulièrement mobiles et plastiques, et tendent à faire irruption dans la conscience et à s'actualiser en conduites.

Le préconscient renferme l'ensemble des données psychiques qui ne sont pas actuellement présentes à la conscience (souvenirs, connaissances, habitudes) mais peuvent en droit le devenir, à l'appel de la volonté.

Entre l'inconscient et le préconscient se trouve une barrière, la censure, qui ne laisse passer les désirs inconscients dans le préconscient qu'après les avoir transformés ou déguisés. Sinon, elle les refoule. Cette censure s'exerce d'ailleurs également entre le préconscient et le conscient; elle se relâche dans le rêve, d'où l'importance de celui-ci comme instrument d'analyse.

Le ça, le moi et le surmoi

Mais la découverte essentielle que le refoulement peut avoir lieu au sein même de l'inconscient amène Freud à rectifier ce schéma et à proposer, à partir de 1920, sa conception définitive de l'appareil psychique, dans lequel il distingue désormais trois instances: le ça, le moi et le surmoi.

Le ça désigne l'ensemble des pulsions inconscientes, innées ou refoulées; c'est le réservoir des instincts; il est sans structure, intemporel, indifférent à la pensée logique et soumis à la seule recherche du plaisir. Le surmoi, tout au contraire, est une sorte de juge permanent du moi, d'où émanent interdictions et contraintes ainsi que l'image des comportements qu'il faudrait adopter pour lui être agréable (idéal du moi). Sa juridiction plonge jusque dans le ça et rend compte des refoulements et des censures inconscientes. Mais alors que le ça existe dès la naissance, le surmoi se forme au moment de la liquidation du complexe d'OEdipe par l'intériorisation des interdits parentaux, lorsque l'enfant forme son propre surmoi à l'image de celui de ses parents.

Le surmoi est donc, au fond, d'origine sociale et sa sévérité s'alimentera ultérieurement à celle des institutions politiques, morales et religieuses. C'est lui qui refuse la satisfaction de certaines de nos pulsions. Le préconscient contient l'ensemble des représentations qui, sans être actuellement présentes à la conscience, peuvent y resurgir à volonté. Le surmoi est conçu comme une différenciation du ça qui se prolonge dans l'inconscient. Son rôle est d'assurer la synthèse de la personnalité par un compromis toujours remis en question, entre les exigences contradictoires du ça, celles de la réalité sociale et celles du surmoi. La névrose apparaît alors comme un échec du moi, tandis que la guérison est la reconquête lucide de l'équilibre perdu, accompagnée d'un renforcement conséquent des défenses du moi.

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